Les GFI de France Valley obtiennent le label Greenfin

Jonathan Dhiver - mise à jour de la 05 octobre 2020

Meilleur-GF.com a échangé avec Arnaud Filhol, le Directeur Général de la société de gestion France Valley, qui a développé une très grande expertise dans l’univers de la forêt. Un point pour faire le point avec lui sur le label Greenfin délivré au groupement forestier d’investissement de France Valley.

France Valley : groupement forestier d’investissement et label Greenfin

Retrouvez ci-dessous la transcription de l’interview d’Arnaud Filhol

Régulièrement, nous faisons des échanges avec vous, parce que vous avez développé une très grande expertise dans l’univers de la forêt. Il y a eu également une bonne nouvelle très récente au sein de France Valley. Vous avez obtenu le label Greenfin pour votre groupement forestier d’investissement. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce label, et en quoi cela consiste ?

Quand nous regardons aujourd’hui les labels autour du développement durable et la finance qui peuvent exister, nous trouvons essentiellement les OPCVM, action, obligation etc… qui vont s’astreindre à certains nombres de contraintes pour constituer leur portefeuille et obtenir ces labels, il existait rien au tour du domaine de la forêt. C’est ce qui est dommage. Nous avons même envie de dire, par nature, l’investissement forestier devrait bénéficier de ces labélisations. Et donc nous nous sommes rapprochés de Novethic pour travailler là-dessus. Et nous avons mis en place un certain nombre d’éléments pour pouvoir obtenir ce label.

Il ne suffisait pas de dire : nous investissons dans la forêt, donnez-nous le label. Nous avons mis en place un certain nombre de choses, typiquement, toutes nos forêts sont labellisées PEFC pour offrir une traçabilité dans l’usage de bois jusqu’au produit fini quand il va arriver chez le consommateur. Toutes nos forêts disposent d’un plan simple de gestion qui est agréé par une agence de l’Etat qui assure une gestion durable dans 10, 20, 30 ans des forêts du portefeuille. Et puis dernier élément, nous avons mis en place pour le label Greenfin, un indice. C’est l’indice de stock de carbone dans nos forêts, que nous allons mesurer tous les ans dans le GFI France Valley Patrimoine. Et donc en fonction d’un corpus scientifique que nous avons mis en place, pour que tout cela soit évidement inattaquable du point de vue de captation de carbone de nos forêts.

En tout cas nous voyons qu’il y a une petite dynamique au niveau de la captation de carbone. C’est important de leur rappeler : les forêts captent du  carbone. Je crois qu’en France, les chiffres sont à peu près 20 % des émissions de CO2 sont captées par les forêts. Nous voyons bien que quand nous investissons dans un groupement forestier d’investissement, il a y quand même une volonté, un sens, une thématique environnementale. Et toujours dans ces thématiques, il y a plusieurs de nos clients qui se posent cette question.

Les sécheresses de cet été, il y a eu vraiment un été qui a été très sec. Comment vous, en tant que gérant de groupement forestier, grâce à votre expertise, grâce à votre technicité vous gérez ce sujet ? Ces clients et ces investisseurs, ils doivent quand même intégrer qu’il y a ce risque quand même de sécheresse ?

Oui, cet été, effectivement et les trois précédents, cela fait quatre ans que nous avons des étés très secs. Nous commençons à observer vers l’impact sur un certain nombre de forêts. Mais en occurrence, c’est une problématique qui existe depuis et anticipée par les forestiers depuis une vingtaine d’années. Puisqu’au moment où vous plantez une essence – un arbre – vous raisonnez à une échelle de 70 ans à 150 ans pour certains, vous devez  intégrer les effets du changement climatique.

Quand nous regardons les dernières évolutions, malheureusement nous voyons que cela ne va pas dans le bon sens. Après cela ne va pas s’arrêter malgré les mesures et la volonté affichées dans un certain nombre de pays. Donc nous intégrons cela dans notre gestion. Et la première chose c’est que quand nous achetons une forêt avec nos GFI, nous anticipons ces éléments.

Typiquement, nous allons regarder l’historique climatique, mais également les prévisions que nous pouvons avoir. Nous allons regarder l’altitude, nous allons regarder évidement la pluviométrie. Et non seulement la pluviométrie, c’est le nombre de millimètres qui va tomber par an, mais la répartition de cette pluviométrie dans l’année. Nous pouvons exclure nos forêts en fonction de cela. Rien qu’aujourd’hui, acheter une forêt de plaine d’épicéa ou de hêtre dans le quart nord-est de la France, ce sera clairement une mauvaise idée.

Grâce à cela, aujourd’hui nous possédons, pas loin de 85 forêts dans nos groupements. Nous en avons deux qui sont qui sont un petit peu touché. Une qui a un petit peu d’épicéa au milieu des ensembles d’essences, et une autre qui est un petit peu limite en station, c’est une forêt de chênes en l’occurrence pédonculé. Et progressivement, nous enrichissons avec des chênes sessiles pour une meilleure résistance à la sècheresse.

Pour prendre un exemple, nous avons fait l’acquisition d’une forêt dans le Puy-de-Dôme à 800 mètres d’altitude. C’est une sapinière. C’était du sapin depuis 150 ans dans cette forêt, cela appartenait à un marquisat. Là aussi, 800 mètres aujourd’hui cela fonctionne bien, mais nous savons qu’il est probable que dans une cinquantaine d’années nous soyons un petit peu juste pour les sapins. Donc progressivement, nous enrichissons avec d’autres essences plus résistantes.

Nous voyons que nous sommes dans une façon de gérer avec une grande biodiversité pour permettre aux essences de mieux résister aux impacts de sècheresse. Arnaud Filhol, est-ce que vous avez une dernière bonne nouvelle à nous partager ?

Oui. Je pense que cela ne vous a pas échappé. Mais autant le préciser à ceux qui vous écoutent. L’IR-PME qui permet de bénéficier d’une réduction de l’impôt sur le revenu quand vous investissez dans une PME, il bénéficie aux groupements forestiers d’investissement pour une activité sylvicole. Le taux de réduction de 18 % est passé à 25 % jusqu’à la fin d’année. Donc je pense que c’est une raison supplémentaire d’investir dans le domaine forestier pour construire son patrimoine.

Voilà, donc nous voyons que le sous-jacent est bon. Vous en tant que gérant, vous avez une grande technicité, une grande expérience dans ce domaine. Nous voyons qu’il y a une pérennité, une volonté de toujours innover, de bien faire. L’exemple du Greenfin montre vraiment votre souhait de bien avancer cet univers des groupements forestiers d’investissement. C’est vrai que c’est la cerise sur le gâteau, cette réduction IR-PME.

Arnaud Filhol, merci beaucoup pour cet échange. Je rappelle, vous êtes directeur général de la société de gestion France Valley. Merci pour votre échange et votre sincérité comme d’habitude dans les réponses et nous vous disons à très bientôt.

A bientôt !

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