Deux tiers des forêts urbaines françaises en « situation de risque » !

Jonathan Dhiver - mise à jour de la 31 octobre 2022

Les arbres jouent un rôle de climatiseur naturel primordial en ville. Elles améliorent la qualité de l’air, tout en favorisant le bien-être des citadins. Les forêts urbaines deviennent ainsi essentielles, notamment pour contrecarrer les effets néfastes du dérèglement climatique. Cependant, une étude réalisée par une équipe de scientifiques révèle qu’à l’heure actuelle, près de deux tiers des espèces d’arbres urbains sont d’ores et déjà en situation de risque.

Les forêts urbaines en situation de risque

Pour l’heure, il existe très peu d’informations permettant d’évaluer la capacité des forêts urbaines à résister au dérèglement climatique. C’est dans ce contexte qu’une équipe de scientifiques Français et Australiens a réalisé une étude spécifique sur le comportement des arbres et arbustes exposées aux stress des milieux urbains.

En examinant 3 129 espèces d’arbres et arbustes présentes dans 164 villes, à travers 78 pays, le constat est irrévocable. Sans aucune mesure d’atténuation du niveau de précipitations urbaines, près de 68 à 76 % de ces espèces seront menacés d’ici à 2050. Ces espèces aussi communes que les chênes, érables, frênes, marronniers, ormes, pins, peupliers, ormes entres autres, sont déjà menacés par les changements climatiques actuels et futurs.

Ces espèces d’arbres et arbustes sont, en effet, présentes dans la plupart des villes du monde. A l’heure où certaines villes sont déjà affectées par des températures à la limite supérieure tolérable, 56 à 65 % des forêts urbaines sont menacés. Malgré ce constat inquiétant, des solutions peuvent être mises en place pour aider les arbres de nos villes à assurer la pérennité de leur rôle de climatiseur naturel.

Zoom sur les villes françaises

Dans le cadre de ces études, cinq villes français et 506 espèces d’arbres et arbustes ont également été observés. Sur un total de 1 254 observations,  l’étude révèle qu’à l’horizon 2050 :

  • 71 % des espèces d’arbres et arbustes de Paris, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et Lyon seront en situation de risque vis-à-vis de l’augmentation des températures moyennes annuelles ;
  • 69 % des espèces seront à risque vis-à-vis de la diminution du cumul des précipitations annuelles ;
  • 49 % des espèces seront à risque pour les deux phénomènes à la fois.

Dans le cas de la ville de Montpellier, ces pourcentages atteignent respectivement 83 %, 66% et 55 %. Face à ces constats, l’étude rapporte sur les essences les plus à risques sont le frêne commun, le tilleul à petites feuilles, le tilleul à grandes feuilles, l’érable plane, le bouleau verruqueux, le peuplier tremble, l’aulne blanc ou le pin sylvestre.

Forêts urbaines : quelles mesures d’atténuations envisager ?

Aussi alarmants soient les résultats de cette étude sur les forêts urbaines, les chercheurs ont tout de même pu réunir des mesures d’atténuations envisageables. Des solutions simples sont mises à disposition des gestionnaires des espaces vert, capitales pour les espèces d’arbres et arbustes les plus à risque en milieu urbain.

Pour aider les forêts urbaines à perdurer dans la transition vers un climat plus chaud et plus sec dans la plupart des villes du monde, les scientifiques suggèrent :

  • Privilégier l’accès à l’eau de pluie des racines des arbres, en diminuant les surfaces imperméabilisées et en redirigeant l’eau vers les sols plutôt que dans les caniveaux ;
  • Planter plus d’arbres et d’arbustes en ville, en choisissant des essences résistantes au stress hydrique et si possible indigènes ou issues de zones biogéographiques voisines ;
  • ne surtout pas sacrifier l’existant au profit de plus de surfaces bitumées destinées à des places de parkings, par exemple.

Il est primordial de rappeler que les arbres possèdent de multiples atouts, notamment en procédant à une purification naturelle de l’air. Les forêts urbaines absorbent le dioxyde de carbone, tout en contribuant à réduire le bruit ambiant des villes.

Si l’univers de la forêt et des arbres vous fascine, l’équipe de Meilleur-gf.com peut vous faire découvrir davantage d’intérêts d’investir dans les forêts.

Source : Etude Nature Climate Change – septembre 2022

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