Quels sont les différents types de sylviculture ?

Jonathan Dhiver - mise à jour de la 05 juillet 2022

Meilleur-GF.com a échangé avec Jean-Yves Henry, Directeur général associé chez EPICUREAM. Un échange sur les différents types de sylviculture.

Les différents types de sylviculture

 

Retrouvez ci-dessous la retranscription de l’interview de Jean-Yves Henry

Avant de répondre à votre question concernant les différents types de sylviculture, nous souhaiterions faire un rappel qui est quand même important. La France est un vieux pays de traditions forestières.

Nous avons une formation qui est reconnue, des écoles prestigieuses et une recherche forestière qui est en parfaite état de marche.

Il y a également un encadrement au niveau de l’aménagement et de la protection des forêts qui est fort ancien parce que cela date de presque plus de sept siècles.

Régulièrement, il y a des lois qui viennent adapter notre environnement législatif et réglementaire pour s’adapter aux évolutions de la recherche, aux évolutions des techniques et surtout aux évolutions sociologiques.

Pour répondre à votre question, nous allons prendre quelques raccourcis parce que c’est un vrai sujet de thèse que vous me posez. Quelles sont les sylvicultures ?

La sylviculture est l’art de gérer sa forêt en utilisant les techniques qui permettent de faire en sorte que les arbres poussent dans les meilleures conditions possible, de faire en sorte que nous substituons à des essences qui ne sont pas du tout adaptés au terrain de nouvelles essences, faire en sorte que l’on puisse construire des routes pour accéder aux arbres. En un mot, la sylviculture est une vraie science.

Aujourd’hui, heureusement, comme toutes les sciences, cela évolue. Cela évolue avec des applications nouvelles qui apparaissent, en matière d’analyse avec des satellites et des drones. Tout cela aide à mettre en valeur la forêt.

Avant d’aborder ces nouvelles techniques qui existent, nous voulions préciser plusieurs points.
Le premier point est qu’une forêt ne sera pas forcément gérée de la même manière selon son propriétaire.

Que l’on soit l’Etat, avec la vie devant soi, ou un propriétaire forestier, nous n’allons pas gérer la forêt de la même manière. Nous n’allons pas forcément gérer et appliquer les mêmes techniques si nous avons une forêt de pins maritimes ou si nous avons une forêt de chêne. Nous n’allons pas non plus gérer de la même manière une forêt si elle est en plaine ou si elle est en montagne.

Aujourd’hui dans la gestion, nous sommes obligés de prendre en compte un certain nombre de paramètres comme le réchauffement climatique et toutes les incidences que cela a au niveau de la gestion de sa forêt, tout ce qui concerne la mécanisation. La mécanisation forestière aujourd’hui est une donnée à prendre en considération. Nous ne gérons plus la forêt avec des bûcherons, avec des chevaux comme nous le gérons il y a quelques années.

Nous devons prendre en compte l’existence de données sociologiques. Aujourd’hui, la population est de plus en plus urbaine et accepte de moins en moins certaines pratiques. Donc dans voter gestion au quotidien, nous sommes bel et bien obligés d’utiliser tout cela.

Le maître mot en matière de gestion forestière est d’une part de disposer des connaissances pour, d’autre part des pragmatiques de s’adapter aux terrains et de s’adapter aux forêts. Pour notre part, par exemple, nous allons faire de la plantation.

Nous ferons de la plantation si le peuplement qui est à transformer ne dispose pas de semenciers en nombre suffisant, s’il ne dispose pas d’arbres de qualité. Nous n’allons pas régénérer une forêt constituée d’arbres qui ne vont pas bien. Et si les essences que nous devons générer ne sont pas adaptés au climat de demain. Dans ce cas-là, nous replanterons.

Au contraire, si toutes les conditions sont réunies, nous utiliserons très largement la régénération naturelle. A condition que le gibier ne soit pas trop présent pour manger toutes les plantes que vous avez sur votre parcelle.

La deuxième façon de l’aborder : futée irrégulière ou futée régulière.
Si nous avons un peuplement irrégulier avec des petits, des gros, des moyens, évidemment, nous allons continuer à gérer cela de façon irrégulière pour ne pas faire des sacrifices d’exploitabilité au détriment de l’investisseur.

Gérer la forêt, oui.

De façon active, oui.

Mais pas n’importe comment et en tout cas de façon professionnelle.

Jean-Yves Henry, Directeur général associé chez EPICUREAM

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